Curriculum vitae analytique

VII ‑ Expériences au contact de la communauté sourde

Au cours de ma formation, j’ai suivi des cours de LIS en Italie, à Pérouse (2 ans) et Rome (1 an). Ces expériences m’ont servi non seulement à apprendre la langue, mais aussi à instaurer des liens avec la communauté sourde locale.

‑ 2005, 2006 et 2009 : étudiante dans des cours de LIS à Pérouse et à Rome

À Pérouse j’ai participé à de nombreuses activités « ludiques » (rencontres, réunions, etc.) organisées par les sourds de la ville et des alentours, ce qui m’a permis de connaître la communauté et de pratiqué la LIS en dehors des heures de cours. Après ma 2ème année de cours de LIS (en 2007), j’ai travaillé au sein de la coopérative ASAD, en qualité d’assistante à la communication en LIS, tant en milieu scolaire que domiciliaire, à raison de 14 heures par semaine pendant une année scolaire. J’avais la charge d’un enfant et d’un adolescent : le premier, âgé de 10 ans, était atteint d’une maladie génétique qui comportait une mobilité réduite (pour dégénérescence musculaire), un fort retard mental et une incapacité à s’exprimer vocalement (il était donc « muet » mais non sourd) ; le deuxième, âgé de 16 ans, était lui aussi atteint d’une maladie génétique qui comportait surdité et fort retard mental. Dans les deux cas je me suis occupée de faciliter la communication avec leur entourage et de développer (dans la limite de leurs possibilités) la capacité à s’exprimer en LIS, mais aussi de leur apprendre un minimum d’indépendance (utilisation de l’argent, comportement sur la route ou avec les inconnus, etc.).

‑ 2007 : éducatrice pour enfants sourds près de Pérouse

À Rome, mon lien avec la communauté a été lié à mes activités de recherche : j’ai collaboré étroitement avec le groupe de travail de E. Antinoro Pizzuto† (co-directrice de ma thèse) dont la caractéristique principale est que les entendants y sont en très nette minorité (6 sourds et 3 entendants) et que la LS est la seule langue de travail utilisée au sein du groupe. J’ai donc appris à interagir avec les sourds, dans le cadre de relations aussi bien humaines que professionnelles. En dehors des membres du groupe de travail, j’ai aussi créé des liens avec les sourds de Rome qui fréquentent l’ISSR (l’Institut d’état pour les sourds de Rome) ainsi qu’avec des interprètes et des assistants à la communication scolaire pour enfants sourds.

‑ 2007‑2012 : recherches menées dans le laboratoire LLS de Rome (majorité de sourds et LIS comme langue de travail)

En 2010, suite aux mouvements « LIS‑Subito » (« LIS‑Immédiatement ») pour la reconnaissance de la LS en Italie (où la LS n’est pas légalement reconnue comme langue à part entière), je me suis investie dans la divulgation des revendications des sourds d’Italie auprès de la communauté des chercheurs et des sourds francophones, dans le but de participer à l’organisation d’un mouvement de soutien international (un aperçu des résultats est visible sur le site du mouvement www.lissubito.it).

‑ 2007 : divulgation en faveur du mouvement LIS-Subito

Depuis 2007, je gère en outre sur un réseau social[3] un groupe d’environ 6750 personnes intéressées à divers titres par la LIS : sourds, enseignants sourds, parents d’enfants sourds, enseignants entendants spécialisés, chercheurs dans différents domaines liés à la surdité, médecins ou simples curieux, ne provenant pas exclusivement d’Italie. À travers les mécanismes propres aux réseaux sociaux, je cherche à fournir une information correcte sur la surdité et la LIS, en réorientant les différentes demandes vers les participants du groupe plus experts dans tel ou tel domaine. Ce « travail » me permet de créer des liens avec la communauté des locuteurs de LIS (sourds et entendants) mais aussi de rester informée sur presque tout ce qui se passe au « pays des sourds » italiens.

‑ 2007‑à ce jour : gestion d’un groupe sur la surdité et la LIS sur un réseau social

Depuis septembre 2012, je réside de manière stable en France, à Poitiers, où je participe à des événements de la communauté sourde locale (conférences, séminaires, rencontres et spectacles organisés par les associations). De plus, à travers mon travail dans l’Université, je suis rentrée en contact avec des interprètes de LSF. Même si je maîtrise bien la LIS et que je communique de manière satisfaisante en LSF, je compte m’inscrire dés que possible aux cours de LSF d’une des associations présente sur le territoire, à la fois pour améliorer mes compétences dans cette langue et pour étendre le réseau de mes contacts avec la communauté sourde locale.

‑ 2012‑à ce jour : contacts avec la communauté sourde de Poitiers