Curriculum vitae analytique

III ‑ Activités en matière de recherche

Avant d’entamer le doctorat, j’ai participé, en collaboration avec le sémiologue A. Perri (Università di Napoli St O. Benincasa) et le professeur d’anthropologie V. Padiglione (Università di Roma I), à la réalisation d’une installation au sein du « Musée des écritures » de Bassiano (Latium, Italie). Il s’agissait d’une activité didactique s’adressant surtout à un public d’enfants, qui avait pour but de montrer que la LS n’est pas une simple transposition gestuelle de l’italien.

‑ 2007 : expertise linguistique sur la LIS pour la réalisation d'un logiciel explicatif de la LIS, utilisé au "Musée des écritures" de Bassiano (Latina, Italie)

Dans le cadre de mon rattachement au LLS‑ISTC‑CNR et à l’UMR7023-SFL j’ai participé à la consolidation des relations entre les deux laboratoires, nouées dans le cadre de projets divers, parmi lesquels deux Projets biennaux CNR/CNRS (2004-2006 et 2006-2008) « Language, its formal properties and cognition : what can be learned from signed languages » coordonné par E. Antinoro Pizzuto et C. Cuxac. En particulier, j’ai participé aux recherches concernant la représentation des LS, dont les principaux résultats sont exposés dans ma thèse et que je reprends ici de façon synthétique.

Pendant ma thèse, j’ai analysé l’utilisation du système de représentation appelé SignWriting (SW - inventé par V. Sutton en 1974 et actuellement utilisé par une partie de la communauté sourde mondiale comme système d’écriture et de transcription des LS) au sein d’un groupe de sourds experts de LS travaillant au LLS‑ISTC‑CNR, qui sont compétents en linguistique de la LS et dans les problématiques liées à la représentation graphique de celle-ci. J’ai donc recueilli leurs réflexions épilinguistiques et métalinguistiques, suscitées lors de la production et l’analyse de textes en SW ‑ produits tant en modalité face-à‑face (LS‑FàF) et puis transcrits, que directement en modalité écrite (LS‑Écrite). Cette démarche a mené à la constitution et à l’analyse de deux corpus : le premier constitué de textes en LS‑FàF et en LS‑Écrite ; le deuxième de vidéos des réunions internes, d’où sont issues les réflexions métalinguistiques sur la LS et SW suscitées par l’analyse du premier corpus.

Une grande partie de ce travail a eu pour objectif d’analyser les caractéristiques du système, afin de comprendre pourquoi il est étonnamment facile à apprendre et à utiliser dans la pratique, en dépit du nombre très élevé (≈ 35 000) de symboles (appelés « glyphes ») qui le composent. Cette étude sur la facilité d’apprentissage et d’utilisation du système m’a amenée à mettre également en évidence les difficultés récurrentes rencontrées par les utilisateurs experts de SW (imputables à des facteurs humains et aux caractéristiques du système lui-même). Cette étude de terrain a montré que, malgré ces difficultés, SW reste le seul système disponible permettant d’écrire (et non seulement de transcrire) la LS.

L’analyse des caractéristiques de SW et de ses modalités pratiques d’emploi m’a amené à réorganiser de façon radicale la classification des glyphes au sein du système, en déterminant une série de règles explicites d’utilisation. Ce remaniement m’a conduite à constituer un nouveau manuel de SW (différent de celui publié avec mes collègues, cf. liste des publications) qui devrait faciliter l’approche et l’apprentissage du système. En effet le nombre très élevé de glyphes a souvent un effet démotivant sur les futurs apprenants de SW. Actuellement, j’utilise ce manuel (non encore publié) dans les cours de SW que je dispense à l’Université de Poitiers, et les retours des étudiants me semblent prometteurs.

Suite à la réorganisation de SW, je me suis intéressée à l’informatisation du système, ce qui a entraîné une collaboration avec l’informaticien F. Borgia[1] (dont j’ai co-dirigé le mémoire de Master2). Ensemble, nous avons élaboré SWift, un logiciel basé sur ma reclassification des glyphes, mais aussi sur les attentes des sourds experts de SW du LLS. Nous avons ainsi réalisé un logiciel « deaf‑centered » basé sur une interface « deaf‑friendly », c’est-à-dire que toutes les étapes de la réalisation du logiciel et de l’interface ont été concertées avec des sourds pour obtenir un produit qui réponde à leurs besoins. Suite à la réalisation de SWift, nous avons élaboré un protocole d’évaluation du logiciel en adaptant le « think‑aloud protocol » à un public sourd. Actuellement, nous continuons notre collaboration pour le développement de OGR, un système de reconnaissance de caractères permettant de numériser automatiquement des textes écrits à la main en SW.

‑ 2007‑2012 : recherches liées à la réalisation de ma thèse de doctorat

‑ 2007‑2012 : rattachement au laboratoire « Structures formelles du langage » (UMR7023-SFL) de Paris

‑ 2007‑2012 : participation aux activités du LLS/ISTC-CNR (Sign Language Laboratory) de Rome

‑ 2007‑à ce jour : présentation de communications et rédaction d’articles concernant la LS
1 manuel ; 12 chapitres d’ouvrages ou actes de colloques ; 19 communications à des congrès nationaux et internationaux (LREC, SHESL, AFLiCo, CerLiCo, CILS, SLI, AItLA…) ; divers séminaires et cours de formations (cf. liste complète dans la section des publications)

Dans le cadre de mon travail au LLS j’ai participé au projet FIRB (l’équivalent d’un projet ANR)« VISEL : e‑learning vision writing language: a bridge of letters and signs towards a knowledge society » (2009-2012), dont le LLS était l’unité coordinatrice. Ce projet visait le développement d’une plate‑forme d’apprentissage à distance pour l’amélioration de l’italien écrit chez un public sourd, signeur ou oraliste (les deux typologies ayant de forts problèmes liés à l’écrit) : il s’agissait entre autres de créer des outils permettant de mieux comprendre la différence entre oralité et écriture chez les locuteurs de LIS (ces LS n’ayant pas de forme d’écriture), et de montrer l’importance d’un travail centré sur les sourds (« deaf-centered »). Mon travail de thèse a donc contribué à démontrer la valeur de SW comme instrument pour le développement, chez les sourds signeurs, de réflexions sur les différentes modalités expressives. De plus, l’informatisation du système en collaboration avec F. Borgia a permis une meilleure intégration du système à la plate‑forme. Ma thèse, le logiciel SWift et le protocole de validation sont comptés parmi les résultats du projet FIRB.

‑ 2009‑2012 : participation au sein du LLS/ISTC-CNR au projet « VISEL: e‑learning vision writing language : a bridge of letters and signs towards a knowledge society » (2009-2012)

En dehors des buts spécifiques de ma thèse, j’ai participé à une campagne de transcription informatisée en SW de signes extraits de dictionnaires de LIS et de LSF, dans le cadre du projet conjoint LLS/ISSR (Institut d’état pour les sourds de Rome) « P21 ‑ LIS e SignWriting ». La participation à ce travail était liée au projet initial de ma thèse qui consistait à comparer les signes présents dans les dictionnaires de LIS et de LSF et la gestualité emblématique de la culture italienne et française. L’abandon de ce premier projet de thèse a été motivé par la découverte, au fur et à mesure de son avancée, de la richesse des réflexions suscitées chez les membres du LLS par l’utilisation de SW, réflexions qui se faisaient sous nos yeux mais que personne n’avait encore recueillies de façon systématique. Ce changement de cap m’a toutefois permis d’ajouter à mon bagage de connaissances des éléments relatifs à la gestualité entendante et à la réalisation des dictionnaires en LS.

‑ 2009 : contrat de collaboration pour la transcription en SW de Signes de la LIS, dans le cadre d’une action conjointe de l’ISTC‑CNR et de l’Istituto Statale Sordi di Roma (ISSR)

À côté de mes activités de recherche, j’ai aussi suivi de nombreux cours de formation, qui sont présentés ci-dessus dans le §II et le §VII. J’ai aussi participé au groupe d’étude « Représentations », organisé par I. Chiari et F. Albano Leoni à Rome, visant à favoriser les échanges entre linguistes s’intéressant aux problèmes liés à la représentation des langues vocales et signées.

Depuis octobre 2012, je suis rattachée au laboratoire FoReLL de Poitiers.

‑ 2011-2012 : participation au groupe d’étude « Représentations » organisé par I. Chiari et F. Albano Leoni à Rome

‑ 2012, octobre ‑ à ce jour : rattachement au laboratoire « Formes et Représentations en Linguistique et Littérature » (FoReLL ‑ E.A.3816) de Poitiers

Depuis septembre 2013, je participe au projet Typannot en collaboration avec l'Ecole Supérieure d'Art et Design d'Amiens, dont le but est le développement d'un système graphique pour l'annotation des LS. L'équipe est formée de linguistes, designers experts de systèmes d'écriture et ingénieurs.

‑ 2013, septembre ‑ à ce jour : participation au projet Typannot en collaboration avec l'Ecole Supérieure d'Art et Design d'Amiens